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Le désormais fameux Café Littéraire du Lycée St Exupéry fêtait en ce 10 août son premier anniversaire. Et pour l’occasion, autant ne rien se refuser. Celui-ci s’est ainsi offert la fierté que peut générer la présence entre ses murs d’un grand Monsieur comme Jorge Edwards. Après avoir abordé des sujets variés, en présence de personnalités toutes plus écclectiques les unes que les autres, le Café Littéraire est revenu avec un immense plaisir vers ses premières amours, la littérature. |
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Mais puisque lui-même se refuse à étaler toutes ses récompenses, par modestie ou par simple souci de l’instant et non du passé, là n’est pas vraiment la question. Qu’il soit diplomate, journaliste, Chevalier des Arts et des Lettres ou encore lauréat du prix Cervantès 1999, cela importe peu après l’avoir rencontré. Certes, cette longue et prestigieuse carrière a pu en dissuader plus d’un à se manifester pour l’interroger sur son dernier livre, La Muerte de Montaigne. Par intimidation surement, car malgré tout, Jorge Edwards impressionne par son érudition. Sa connaissance de la littérature franÇaise est presque sans faille. Et pour un Chilien de souche, quel beau cadeau pour le biculturalisme et le bilinguisme de notre communauté scolaire. Lorsqu’on l’interroge sur « pourquoi Montaigne ? », celui-ci répond « et pourquoi pas ? ». « On a le droit, en tant qu’écrivain sud-américain, d’écrire sur n’importe qui », ajoute-t-il. C’est avant tout ce souci de liberté, très propre au style romanesque, qui a fait que Jorge Edwards a choisi Montaigne pour son dernier livre. Il le qualifie comme « un écrivain de la beauté de l’instant plus que du futur », dont le style d’écriture, très peu statique, ne peut entrer dans aucune catégorie préconÇue. Pour lui d’ailleurs, les écrivains qui se classifient ou se professionnalisent n’ont pas vraiment d’intérêt. Dans son certain goût pour l’anticonformisme, l’écrivain a appris à aimer Montaigne et à s’identifier à lui.
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D’ailleurs, malgré ses connaissances, Jorge Edwards a su mettre à profit son goût des facéties montaignesques au service de la décontraction du public présent en très grand nombre.Si Montaigne a pu entretenir une « relation contradictoire avec la politique », il n’en est pas moins le cas pour Edwards lui-même. Proche de Neruda ou de Vargas Llosa, persona non grata dans les années 70, il demeure avant tout un écrivain de conviction, dont l’écriture reste franche et courageuse. Et si Montaigne se caractérise par un dialogue permanent avec son lecteur, Jorge Edwards s’est lui-même montré très proche des participants. Dans sa grande simplicité, il s’est dit « impressionné par le Lycée », où il a retrouvé une « sensation de jeu ». Ses anecdotes ont amusé toutes les personnes présentes, et ont fait de l’écrivain un magnifique conteur. |
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Alors finalement, La Muerte de Montaigne est-il un hommage à la France ? « N’exagérons pas », de répondre avec humour Edwards. Une chose est certaine, c’est que ce grand Monsieur a pour le moins rendu hommage au Café Littéraire et à notre établissement en acceptant notre invitation. Il a su faire de cette soirée un moment convivial, autour de la langue de la culture franÇaise mais aussi chilienne. Cette rencontre avec Jorge Edwards a été un succès, en témoignent les nombreuses chaises qui ont du être ajoutées au fil de l’affluence ! |
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